Un medley d’objets monstrueux à charger sur une plateforme, le plus vite possible : force brute, sprint et lucidité tactique dans une seule course.
La Loading Race est l’une des épreuves les plus spectaculaires du Strongman. Ici, pas question de rester statique ou de poser pour la caméra : tu cours, tu charges, tu transpires, et tu recommences. Le principe est simple sur le papier : transporter plusieurs objets lourds et irréguliers, les amener le plus vite possible sur une plateforme, et les poser proprement. Sauf que ces objets pèsent souvent plus de 100 kg pièce, qu’ils sont mous, glissants ou déséquilibrés, et que le chrono ne pardonne rien. C’est un condensé de tout ce qui fait la brutalité de ce sport : force pure, explosivité, cardio et tactique. Dans ce guide complet, tu vas comprendre exactement comment fonctionne la Loading Race, quelle technique adopter, les erreurs qui te coûtent des secondes, les performances de légende, et surtout comment t’y préparer pour performer, que tu sois débutant ou déjà accro aux Atlas Stone et au Farmer’s Walk.
1Qu’est-ce que la Loading Race ?
La Loading Race (aussi appelée Loading Medley) est une épreuve chronométrée où l’athlète doit transporter plusieurs objets lourds et les charger sur une plateforme, un par un, le plus vite possible. Le vainqueur est celui qui a tout chargé dans le meilleur temps. C’est l’archétype de l’épreuve « medley » du Strongman : un enchaînement d’implements variés à déplacer sur un parcours court.
Les objets à charger changent à chaque compétition, et c’est là toute la difficulté : sacs de sable, fûts (Keg Toss, une variante lourde et instable), enclumes, ancres de bateau, coffres-forts, boucliers (Shield Carry), voire Atlas Stone ou pierres façon Stone to Shoulder. Chaque objet pèse généralement entre 100 et 160 kg, parfois plus. Un exemple classique : 4 objets à charger sur une plateforme de 1,2 m, avec 10 à 20 mètres à parcourir à chaque aller.
Le format varie selon les fédérations. Sur les éditions récentes du World’s Strongest Man (WSM), on a vu des configurations très différentes : en 2025, l’épreuve d’ouverture demandait de charger quatre implements de 130 kg avec un parcours croissant (5 m, 10 m, 15 m puis 20 m). D’autres années, les poids augmentent objet après objet, ce qui transforme la fin de course en calvaire. Ce qui rend la Loading Race si redoutable, ce n’est donc pas seulement le poids : c’est le cumul de la force, de la vitesse et de la fatigue qui s’accumule à chaque aller-retour. Contrairement à un simple Yoke Walk ou à un portage isolé, tu dois répéter l’effort en gérant ton essence.
En résumé : c’est un mouvement de portage explosif répété sous chrono qui teste ton dos, tes jambes, ton grip et ton cardio en même temps. Une vraie course contre la montre, et contre toi-même.
2La technique gagnante pour la Loading Race
La Loading Race se joue sur trois phases : ramasser, courir, poser. Chacune peut te faire gagner ou perdre de précieuses secondes. Voici la méthode complète.
1.Le ramassé (soulever proche du corps)
Plus la charge est près de ton centre de gravité, moins elle t’écrase et plus tu es stable en course. Sacs de sable, barils ou boucliers doivent être plaqués contre le torse comme un bouclier, calés dans les avant-bras. Garde le dos droit et gainé : tu ramasses avec les hanches et les jambes, pas avec le bas du dos. Un objet mal calé au départ, c’est un objet que tu vas devoir replacer trois mètres plus loin.
2.La sortie de zone (le départ)
Le départ est crucial. Ne te précipite pas en courant n’importe comment avec la charge. Pose bien tes appuis, regarde où tu vas, et démarre proprement. Prends des pas courts et rapides plutôt que de grandes enjambées qui te déséquilibrent. Sur les premiers objets, garde de la marge : si tu crames ta relance dès le début, la fin de course va te détruire. Chaque seconde compte, mais un objet lâché en coûte cinq.
3.Le chargement (poser avec contrôle)
Quand tu arrives à la plateforme, résiste à la tentation de « balancer » l’objet. Tu risques de louper la zone ou de devoir le replacer, ce qui ruine ton temps. Pousse avec les jambes, monte bien, et pose avec autorité. Garde le contact jusqu’à ce que l’objet soit stable sur la plateforme, puis repars immédiatement chercher le suivant. La transition « je pose / je repars » doit être fluide : c’est là que se creusent les écarts.

- Repère l’ordre optimal : quand le règlement le permet, commence par les objets les plus faciles à saisir pour lancer ta cadence, ou par les plus lourds tant que tu es frais. Étudie le parcours avant le départ.
- Magnésie et manches : sur les sacs et kegs, une prise qui glisse te fait perdre l’objet. Sécurise ton Exercices et conseils pour améliorer Grip en Strongman avant chaque ramassé.
- Respire pendant la course, pas pendant le port : verrouille ta ceinture abdominale au ramassé et au chargement, relâche entre les deux.
- Pas courts au retour : à vide, ne te repose pas, trottine vite et efficace pour récupérer sans perdre de temps.
- Anticipe la fatigue : les derniers objets sont toujours les plus durs. Garde une réserve mentale et technique pour ne pas t’effondrer sur la ligne d’arrivée.
3Les erreurs à éviter absolument
- Partir trop vite : la Loading Race est un sprint chargé, mais si tu crames ta relance sur le premier objet, la fin de course vire au ralenti. Gère ton allure comme un pacing.
- Poser sans contrôle : « balancer » l’objet sur la plateforme te fait rater la zone ou le faire tomber. Un replacement, c’est plusieurs secondes perdues, parfois la victoire.
- Éloigner la charge du corps : bras tendus, l’objet t’écrase et te déséquilibre. Plaque-le contre le torse et garde-le haut.
- Arrondir le dos au ramassé : sous fatigue, c’est la blessure quasi garantie. Garde la poitrine haute et pousse avec les jambes, même sur le dernier objet.
- Perdre sa ligne : si tu dévies de ta trajectoire, tu allonges la distance et tu risques de rater la zone de chargement. Fixe un point et cours droit.
4Les monstres de la Loading Race
Attention : il n’existe pas de record du monde officiel pour la Loading Race, car les implements, les poids et les distances changent à chaque compétition. Les temps ne sont donc comparables qu’à l’intérieur d’une même épreuve. Voici néanmoins des performances de référence marquantes, toutes vérifiées :
Le patron historique de l’épreuve, c’est Hafthor Bjornsson : avec une quinzaine de victoires sur des loading medleys au cours de sa carrière, il reste le plus grand spécialiste du portage rapide de l’histoire du Strongman. Son temps de 31,22 s en 2018 a devancé Mateusz Kieliszkowski de plus de deux secondes, un gouffre sur ce genre d’épreuve.
La nouvelle génération n’est pas en reste. Mitchell Hooper a fait sensation dès ses débuts en dominant le medley, et il a de nouveau signé le meilleur temps de sa série au WSM 2025 en devançant Tom Stoltman d’un dixième de seconde. Oleksii Novikov, réputé pour son explosivité, a lui aussi claqué le temps le plus rapide de la journée sur certaines éditions. En France, des compétitions comme le France Strongest Man utilisent des formats de Loading Race pour départager les finalistes : c’est souvent cette épreuve qui fait la différence sur le podium des Guide Ultime des Compétitions Strongman.
5Comment progresser sur la Loading Race
Même sans tout le matos pro, tu peux te préparer efficacement. La performance se construit sur trois piliers : portage lourd, cardio sous charge et grip. Voici ta feuille de route.
Portage & force spécifique
Sacs de sable lourds (80 à 120 kg)
Le must pour simuler un objet mou et instable. Travaille les portés de 10 à 20 m avec changement de direction.
Atlas Stone & Stone to Shoulder
Automatisent le ramassé d’objets ronds et le chargement en hauteur, au cœur de nombreux medleys.
Keg Toss et bidon d’eau
Le contenu liquide bouge et déséquilibre : parfait pour bosser le contrôle sous charge instable.
Shield Carry et objets volumineux
Habitue-toi aux charges larges qu’on porte plaquées contre le torse.
Cardio sous charge & conditioning
Farmer’s Walk en alternance avec des runs
Un aller en farmer, tu poses, tu sprintes léger au retour, tu recommences : la vitesse sous fatigue.
Circuit loading maison
Choisis 3 à 4 objets (sac, keg, disque, bidon) et enchaîne les portés avec course entre chaque. Chrono obligatoire.
Yoke Walk rapide
Développe le gainage et la vitesse de déplacement sous charge axiale lourde.
Prowler / sled push
Construit le moteur cardio et la puissance des jambes indispensables à la relance.
Grip & gainage
Hercules Hold & dead hang
Endurance de la prise, cruciale pour tenir des objets glissants jusqu’au bout.
Portés bear hug
Renforcent la prise plaquée contre le torse, la position clé du portage d’objets ronds.
Suitcase carry & side plank
Gainage anti-latéral pour rester droit malgré l’asymétrie des charges.
Deadlift explosif
Développe la puissance d’extension de hanche du ramassé initial.
Structure ta semaine autour d’une séance de portage lourd, d’un circuit conditioning chronométré et d’un travail de grip régulier. Pour aller plus loin, consulte nos guides pour Meilleurs exercices pour améliorer sa force en Strongman et Comment s’entraîner en Strongman. Le petit challenge pour te tester : 3 sacs (80, 90, 100 kg), 10 m de course, une plateforme à 1 m. Chrono-toi, répète, et bats ton record chaque semaine.


