Un cadre métallique chargé de plaques, arraché du sol par des poignées centrales et transporté le plus vite possible : grip, gainage et vitesse dans une seule course.
Le Frame Carry est l’une des épreuves de portage les plus brutales et les plus spectaculaires du Strongman. Imagine un cadre métallique massif, chargé de plaques, que tu dois arracher du sol par des poignées situées au centre de ton corps, puis transporter le plus vite possible sur une distance imposée. Ici, pas de charge répartie à bout de bras comme au Farmer’s Walk : le poids est concentré, volumineux, et t’écrase littéralement vers le sol. C’est une épreuve qui teste ton grip, ton gainage, ta vitesse et ton mental d’un seul coup. Dans ce guide, on va décortiquer la technique, les erreurs fatales et les méthodes pour exploser tes temps.
1Qu’est-ce que le Frame Carry ?
Le Frame Carry (parfois appelé Frame Walk ou portage du « cadre ») consiste à soulever un implement rigide en forme de cadre : une structure métallique carrée ou rectangulaire équipée de deux poignées centrales : puis à le porter sur une distance donnée. L’épreuve est jugée soit en vitesse (le temps le plus rapide sur une distance fixe, souvent 20 ou 40 mètres), soit en distance maximale parcourue avant de lâcher. La charge grimpe régulièrement au-delà de 350 kg en compétition professionnelle.
Ce qui rend le Frame Carry unique, c’est la position centrale des poignées. Contrairement au farmer’s walk où tu tiens deux implements séparés, un dans chaque main écartée le long du corps, ici tes mains sont rapprochées au centre, à hauteur des hanches. Le cadre t’entoure, la charge est concentrée sur ton axe. Résultat : ton centre de gravité est perturbé différemment, et le volume de l’implement t’oblige à adapter ta foulée pour ne pas taper dedans avec tes cuisses.
Il ne faut pas non plus le confondre avec le Yoke Walk : au yoke, la charge repose sur tes épaules et ton dos via un cadre que tu portes au-dessus de toi, tandis qu’au Frame Carry tu la tiens à bout de bras, suspendue, exactement comme un farmer’s walk mais centralisé. C’est en quelque sorte le chaînon manquant entre le farmer’s et le yoke : la charge lourde du yoke, mais tenue par le grip comme au farmer’s. Ce cocktail explique pourquoi c’est un test si complet, souvent intégré dans les Loading Race et courses de portage des grandes compétitions.
2La technique ultime pour dominer le Frame Carry
Le Frame Carry se gagne dans les trois premières secondes. Un soulevé propre et un départ explosif font toute la différence entre un temps de champion et une catastrophe. Voici comment structurer ta technique.
1.Le soulevé : pense deadlift, pas arraché
Place-toi au centre du cadre, pieds sous les hanches, poignées bien alignées avec ta ligne médiane. Le décollage est un véritable soulevé de terre : hanches en arrière, dos gainé et neutre, poitrine haute. Tu pousses le sol avec les jambes, tu ne tires pas avec le dos. Prends le temps de verrouiller ton grip avant d’arracher la charge, car une prise mal placée sur des poignées lisses te coûtera l’épreuve.
2.La posture pendant le portage
Une fois debout, garde la poitrine ouverte et les épaules basses. Le piège du Frame Carry, c’est de s’enrouler vers l’avant sous le poids. Reste grand, engage tes lats pour stabiliser la charge et empêche le cadre d’osciller. Ton gainage doit être maximal : imagine que quelqu’un va te frapper le ventre à chaque pas. C’est ce qui protège ton dos et te permet de courir.
3.La cadence de pas et la respiration
Adopte des pas courts, rapides et rasants. Ne cherche pas à faire de grandes enjambées : le volume du cadre te ferait taper dedans et déséquilibrerait la charge. Reste sur l’avant des pieds et martèle le sol comme un sprinteur. Pour la respiration, bloque ta sangle abdominale (manœuvre de Valsalva) pendant les premiers mètres, puis relâche par petites expirations sèches si la distance est longue.
- Départ explosif dès que le cadre quitte le sol, regard porté loin devant, jamais sur tes pieds.
- Pas courts et fréquents pour ne pas casser ton équilibre, et gainage verrouillé du départ à la ligne d’arrivée.
- Chalk généreux et manchons de compression : sur des poignées épaisses et lisses, la magnésie est ton alliée numéro un. Un grip qui lâche à 10 mètres de l’arrivée, c’est l’épreuve perdue.
- Ne t’arrête jamais : chaque arrêt-relance te coûte une énergie folle. Vise à traverser la distance d’une seule traite.
- Répète ton départ à l’entraînement jusqu’à ce qu’il devienne un réflexe. Pour aller plus loin, jette un œil à notre guide pour améliorer son grip en Strongman.
3Les erreurs à éviter absolument
- Arracher avec le dos rond : l’erreur la plus dangereuse. Avec plus de 300 kg concentrés au centre, c’est une invitation directe à la blessure lombaire. Traite chaque soulevé comme un deadlift maximal : dos neutre, gainage à bloc, poussée des jambes.
- Partir trop fort et se cramer : un départ désordonné fait balancer le cadre d’avant en arrière. Ce balancement tue le grip et casse le rythme. Sois explosif mais maîtrisé.
- S’enrouler vers l’avant : dès que tu plies le dos et rentres les épaules, la charge part vers l’avant, tu perds ta ligne et ton grip s’ouvre. Reste grand et fier, poitrine haute, du premier au dernier mètre.
- Négliger le grip à l’entraînement : tu peux avoir des jambes de titan, si tes mains lâchent, c’est fini. Le grip est le maillon faible de 90 % des Frame Carry ratés.
4Les monstres du Frame Carry : qui sont les rois ?
Le Frame Carry est un terrain de jeu pour les colosses. Les charges y sont énormes et les performances impressionnantes.
Parmi les figures marquantes, Hafthor Bjornsson a régulièrement brillé sur les épreuves de portage lourd et sur les medleys incluant un frame, où sa combinaison de taille, de puissance et de vitesse fait des ravages. Le Frame Carry apparaît fréquemment dans ce type d’épreuves combinées où l’on enchaîne le cadre avec des sacs ou d’autres implements.
D’une manière générale, les épreuves de cadre lourd, à l’incliné ou sur distance, ont vu passer des charges dépassant régulièrement les 350 kg sur les grandes scènes comme les Giants Live et le World’s Strongest Man. C’est un test de force et de vitesse qui met en valeur les athlètes les plus complets, ceux qui savent allier un grip d’acier à une explosivité de sprinteur. Les nouveaux dominateurs de la discipline comme Mitchell Hooper ou Tom Stoltman excellent précisément sur ces épreuves où la moving strength fait la différence.
Note : les charges et distances varient à chaque compétition selon l’organisateur et le format retenu. Réfère-toi toujours aux résultats officiels pour les records exacts.
5Comment progresser rapidement au Frame Carry
La bonne nouvelle, c’est que le Frame Carry se travaille avec des exercices accessibles qui construisent chacun un pilier de la performance. Voici ton plan d’attaque.
Farmer’s Walk
Le transfert le plus direct : il développe le grip, le gainage et la mécanique de portage à bout de bras. Travaille en farmer’s walk lourd et sur distance pour bâtir ta base.
Deadlift
Le soulevé de terre construit la force brute du décollage. Un frame lourd décolle exactement comme un deadlift : plus ton max est haut, plus l’arrachage devient facile.
Travail de grip spécifique
Suspensions à la barre, holds statiques (façon Hercules Hold), pinces et barres épaisses. Le grip est le facteur limitant : muscle-le sans relâche.
Gainage lourd
Planches chargées, portages asymétriques et anti-rotation. Un tronc en béton maintient la charge stable et protège ton dos à chaque pas.
Sprints chargés et portages courts
Enchaîne des portages explosifs sur 10 à 20 mètres pour développer la vitesse spécifique et la capacité à démarrer vite sous charge.
Pour structurer tout ça, inspire-toi de nos guides pour améliorer sa force en Strongman et pour s’entraîner en Strongman. Et n’oublie pas l’équipements strongman : ceinture, craie et bonnes chaussures changent radicalement tes sensations sous la charge. Le Frame Carry récompense les athlètes complets : ceux qui savent arracher lourd, tenir fort et courir vite. Bosse chacun de ces piliers, soigne ton départ, verrouille ton grip, et tu verras tes temps chuter épreuve après épreuve.





